par Richard Zrehen
En pleine affaire Dreyfus, alors que font rage les polémiques en France métropolitaine et les émeutes anti-juives en Algérie, Georges Clemenceau (1841-1929) raconte ses rencontres, vraies ou imaginées, avec des enfants d’Israël, écartelés entre Orient et Occident, et fait paraître, en 1898, Au pied du Sinaï, « ouvrage particulièrement réaliste sur les mœurs de la communauté [?] juive », selon Wikipédia…
Moïse de Goldschlammbach, riche baron né à Caracas [un de ces enfants de Juifs européens en situation précaire, envoyés en masse en Amérique du Sud dans le dernier tiers du XIXe siècle par le libéral et généreux baron de Hirsch, qui voulait les détourner de la Palestine favorisée par son grand rival, le baron de Rothschild], converti au catholicisme par un père soucieux de le voir « réussir ». Schlomé, dit le batailleur, fier et pauvre tailleur galicien, épris de justice et d’égalité. Mayer, vendeur itinérant, pour ne pas dire colporteur, plein de hutzpah, capable de forcer la plus résistante des portes. Des hassidim polonais qui prennent les eaux en Tchéco-slovaquie, à Carlsbad (aka Karlovy Vary) et ont établi leur propre oratoire par défiance de la synagogue (réformée ?). Un Israélite qui retourne au shtetl pour se recueillir sur la tombe de son père. D’autres encore : modernistes, traditionalistes, ou les deux à la fois... Lire la suite...