samedi 18 juin 2011
dimanche 12 juin 2011
Mauvaises fréquentations [2]
par Richard Zrehen
II. – Leamas, Gold, Fiedler
Ostensiblement marqué par son échec, trop âgé pour le « terrain », trop vieux jeu (« du sang, des tripes, le cricket, le certificat d’études et… il parle français ! »[1]), Leamas se retrouve donc, avec un contrat bientôt arrivé à terme et une retraite très maigre, au « Circus »[2], siège des Services de Renseignement britanniques, dans la section « Banque », placard doré pour agents en fin de course.
Sur la scène ainsi ouverte à l’insu de (presque) tous, Leamas va entamer une involution remarquable (« sa volonté semblait s’être soudainement évanouie »[3]), parcourant à bonne allure la sorte de chemin par lequel Granville fait lentement descendre Apollon vers la grenouille[4]... Lire la suite...
jeudi 9 juin 2011
Mauvaises fréquentations [1]
par Richard ZrehenAu printemps 2005, mon ami Richard Pinhas, musicien, philosophe et grand deleuzien, m’invite à participer à un projet qui lui tient à cœur : un livre destiné à marquer le dixième anniversaire de la disparition de Gilles Deleuze (1925-1995).
mercredi 25 mai 2011
Le nouveau livre de Frédéric d'Agay : La Provence au service du roi
lors de la présentation à l'Hôtel de la Marine, le 16 mai 2011, du nouveau livre de
Frédéric d'Agay "La Provence au service du Roi (1637-1831) Officiers des vaisseaux et des galères"
mardi 3 mai 2011
Portraits de Juifs fin de siècle… [3]
par Richard Zrehen
La répudiation, par ces Sadducéens en négatif[1], du Talmud, garant de la lecture-interprétation droite des Ecritures selon les Docteurs de la Loi, contre les replis spiritualistes mais aussi contre l'abdication politique, était sans doute inévitable dans ce contexte de normalisation-homogénéisation militante[2].
Ce qui s’était passé autrefois au lendemain de la défaite face aux Romains – perte de souveraineté « subie » –, le christianisme prétendant à conserver/généraliser le judaïsme par déplacement de son ordre de validité, en l'intériorisant, se répétait dans la perte de souveraineté désirée (l'accès à la citoyenneté des Juifs impliquant la dissolution de la nation juive en tant que telle, comme l'avait déclaré le Grand Sanhédrin réuni par Napoléon en 1807), la République-Messie assumant et dépassant le judaïsme pour ceux des Juifs appelés à renaître en elle...
Cette « christianisation »[3] du Politique explique certainement pourquoi les Israélites lui ont voué un tel culte... Lire la suite...
mercredi 27 avril 2011
Portraits de Juifs fin de siècle… [2]
par Richard Zrehen
Et les Israélites ? Eh ! bien ! Banquiers, professeurs ou artistes, anarchistes, modérés ou même franchement de droite, ils partagent les préventions « éclairées » de Clemenceau, ne souffrent pas les « Juifs », ne veulent pas avoir de commerce avec eux, ne veulent pas être confondus avec eux[1]…
Ce n'est pas qu'ils aient honte d’eux-mêmes, de ce qu'ils sont devenus, des positions en vue qu’ils occupent, bien au contraire : plutôt de ce dont ils proviennent, la juiverie pré-révolutionnaire… Ils créent des sociétés philanthropiques, savantes, fondent des revues (comme La Revue des études juives [!] fondée en 1880 par la Société des études juives[!!]), participent aux débats publics, et financent même des associations aux visées émancipatrices[2]. Les « Juifs », ils veulent ou les ignorer ou faire en sorte qu'ils finissent par leur ressembler.
Tendresse bien sévère... Lire la suite...
dimanche 24 avril 2011
Portraits de Juifs fin de siècle… [1]
par Richard Zrehen
En pleine affaire Dreyfus, alors que font rage les polémiques en France métropolitaine et les émeutes anti-juives en Algérie, Georges Clemenceau (1841-1929) raconte ses rencontres, vraies ou imaginées, avec des enfants d’Israël, écartelés entre Orient et Occident, et fait paraître, en 1898, Au pied du Sinaï, « ouvrage particulièrement réaliste sur les mœurs de la communauté [?] juive », selon Wikipédia…
Moïse de Goldschlammbach, riche baron né à Caracas [un de ces enfants de Juifs européens en situation précaire, envoyés en masse en Amérique du Sud dans le dernier tiers du XIXe siècle par le libéral et généreux baron de Hirsch, qui voulait les détourner de la Palestine favorisée par son grand rival, le baron de Rothschild], converti au catholicisme par un père soucieux de le voir « réussir ». Schlomé, dit le batailleur, fier et pauvre tailleur galicien, épris de justice et d’égalité. Mayer, vendeur itinérant, pour ne pas dire colporteur, plein de hutzpah, capable de forcer la plus résistante des portes. Des hassidim polonais qui prennent les eaux en Tchéco-slovaquie, à Carlsbad (aka Karlovy Vary) et ont établi leur propre oratoire par défiance de la synagogue (réformée ?). Un Israélite qui retourne au shtetl pour se recueillir sur la tombe de son père. D’autres encore : modernistes, traditionalistes, ou les deux à la fois... Lire la suite...
