samedi 18 juin 2011

Conférence à Saint-Tropez le 24 juin prochain

La prochaine conférence de Frédéric d'Agay à Saint-Tropez le 24 juin lors du départ du trophée du bailli de Suffren, le plus célèbre des marins provençaux du XVIIIe siècle....

dimanche 12 juin 2011

Mauvaises fréquentations [2]

par Richard Zrehen


II. – Leamas, Gold, Fiedler


Ostensiblement marqué par son échec, trop âgé pour le « terrain », trop vieux jeu (« du sang, des tripes, le cricket, le certificat d’études et… il parle français ! »[1]), Leamas se retrouve donc, avec un contrat bientôt arrivé à terme et une retraite très maigre, au « Circus »[2], siège des Services de Renseignement britanniques, dans la section « Banque », placard doré pour agents en fin de course.

Sur la scène ainsi ouverte à l’insu de (presque) tous, Leamas va entamer une involution remarquable (« sa volonté semblait s’être soudainement évanouie »[3]), parcourant à bonne allure la sorte de chemin par lequel Granville fait lentement descendre Apollon vers la grenouille[4]... Lire la suite...

jeudi 9 juin 2011

Mauvaises fréquentations [1]

par Richard Zrehen


Au printemps 2005, mon ami Richard Pinhas, musicien, philosophe et grand deleuzien, m’invite à participer à un projet qui lui tient à cœur : un livre destiné à marquer le dixième anniversaire de la disparition de Gilles Deleuze (1925-1995).

Tous deux, nous avons longtemps suivi le séminaire de Deleuze à Paris VIII-Vincennes, lui plus longtemps que moi, j’ai été sous le charme – qui ne pouvait l’être ? – et, progressivement, j’ai eu mes désaccords avec le philosophe-artiste au phrasé si caractéristique : sur Œdipe et la pulsion de mort, sur l’immanence, sur les Juifs, sur Israël, notamment.
Encore profondément affecté par la mort brutale de Deleuze, j’ai commencé par refuser, me sentant trop ému, incompétent et finalement réticent. Honteux parce que considérablement en dette, j’ai fini par accepter. Un hommage peut prendre plusieurs formes : je ne tairais pas certains de mes désaccords mais leur donnerais voix sur un mode parodique et sérieux…
On trouvera ci-dessous ma contribution (les coupes ont été restaurées) à Deleuze épars – approches et portraits, A. Bernold et R. Pinhas éds, paru chez Hermann à l’automne 2005, livre auquel ont, entre autres, participé : J.-L. Nancy, R. Schérer, J. Colombel, R.-P. Droit, J.-P. Faye, R. Bellour et J.-C. Dumoncel. Lire la suite...

mercredi 25 mai 2011

Le nouveau livre de Frédéric d'Agay : La Provence au service du roi

Frédéric d'Agay, Emmanuel de Waresquiel et l'Amiral Chomel de Jarnieu, major général de la Marine
lors de la présentation à l'Hôtel de la Marine, le 16 mai 2011, du nouveau livre de
Frédéric d'Agay "La Provence au service du Roi (1637-1831) Officiers des vaisseaux et des galères"

La Provence est une des grandes provinces maritimes de la France, la principale sur la Méditerranée longtemps le centre du monde, il est donc naturel qu’elle ait depuis longtemps donné de nombreux officiers aux corps des galères et des vaisseaux sous l’Ancien Régime. Dans son ouvrage, Frédéric d’Agay, après avoir recensé les 1600 officiers et 130 amiraux provençaux qui, pendant deux siècles ont dominé la Marine française, analyse l’appropriation, la constitution, lente sans doute, fougueuse souvent, méthodique parfois, d’une marine où l’on serait entre soi, et où l’on défendrait à la fois la Provence et la France contre ses ennemis, l’honneur du Roi et de la Religion, et l’intérêt commun de ces familles de la noblesse provençale, assez particulière en effet. Lire la suite...

mardi 3 mai 2011

Portraits de Juifs fin de siècle… [3]

par Richard Zrehen


La répudiation, par ces Sadducéens en négatif[1], du Talmud, garant de la lecture-interprétation droite des Ecritures selon les Docteurs de la Loi, contre les replis spiritualistes mais aussi contre l'abdication politique, était sans doute inévitable dans ce contexte de normalisation-homogénéisation militante[2].

Ce qui s’était passé autrefois au lendemain de la défaite face aux Romains – perte de souveraineté « subie » –, le christianisme prétendant à conserver/généraliser le judaïsme par déplacement de son ordre de validité, en l'intériorisant, se répétait dans la perte de souveraineté désirée (l'accès à la citoyenneté des Juifs impliquant la dissolution de la nation juive en tant que telle, comme l'avait déclaré le Grand Sanhédrin réuni par Napoléon en 1807), la République-Messie assumant et dépassant le judaïsme pour ceux des Juifs appelés à renaître en elle...

Cette « christianisation »[3] du Politique explique certainement pourquoi les Israélites lui ont voué un tel culte... Lire la suite...

mercredi 27 avril 2011

Portraits de Juifs fin de siècle… [2]

par Richard Zrehen


Et les Israélites ? Eh ! bien ! Banquiers, professeurs ou artistes, anarchistes, modérés ou même franchement de droite, ils partagent les préventions « éclairées » de Clemenceau, ne souffrent pas les « Juifs », ne veulent pas avoir de commerce avec eux, ne veulent pas être confondus avec eux[1]

Ce n'est pas qu'ils aient honte d’eux-mêmes, de ce qu'ils sont devenus, des positions en vue qu’ils occupent, bien au contraire : plutôt de ce dont ils proviennent, la juiverie pré-révolutionnaire… Ils créent des sociétés philanthropiques, savantes, fondent des revues (comme La Revue des études juives [!] fondée en 1880 par la Société des études juives[!!]), participent aux débats publics, et financent même des associations aux visées émancipatrices[2]. Les « Juifs », ils veulent ou les ignorer ou faire en sorte qu'ils finissent par leur ressembler.

Tendresse bien sévère... Lire la suite...

dimanche 24 avril 2011

Portraits de Juifs fin de siècle… [1]

par Richard Zrehen


En pleine affaire Dreyfus, alors que font rage les polémiques en France métropolitaine et les émeutes anti-juives en Algérie, Georges Clemenceau (1841-1929) raconte ses rencontres, vraies ou imaginées, avec des enfants d’Israël, écartelés entre Orient et Occident, et fait paraître, en 1898, Au pied du Sinaï, « ouvrage particulièrement réaliste sur les mœurs de la communauté [?] juive », selon Wikipédia

Moïse de Goldschlammbach, riche baron né à Caracas [un de ces enfants de Juifs européens en situation précaire, envoyés en masse en Amérique du Sud dans le dernier tiers du XIXe siècle par le libéral et généreux baron de Hirsch, qui voulait les détourner de la Palestine favorisée par son grand rival, le baron de Rothschild], converti au catholicisme par un père soucieux de le voir « réussir ». Schlomé, dit le batailleur, fier et pauvre tailleur galicien, épris de justice et d’égalité. Mayer, vendeur itinérant, pour ne pas dire colporteur, plein de hutzpah, capable de forcer la plus résistante des portes. Des hassidim polonais qui prennent les eaux en Tchéco-slovaquie, à Carlsbad (aka Karlovy Vary) et ont établi leur propre oratoire par défiance de la synagogue (réformée ?). Un Israélite qui retourne au shtetl pour se recueillir sur la tombe de son père. D’autres encore : modernistes, traditionalistes, ou les deux à la fois... Lire la suite...