lundi 12 juillet 2010

Harry Houdini : nuque raide et échine souple 2



par Richard Zrehen


… il s'est non seulement échappé mais a aussi pris la peine de changer tous les détenus de l'étage de cellules...


III. - Un nouveau Spartacus


En 1900, il entreprend une grande tournée européenne (plus ou moins) organisée par Martin Beck, à la fois revanche du fils d'émigré pauvre et début de croisade : Angleterre, Ecosse, Pays-Bas, Allemagne et Russie.

Il met au défi les polices prussienne, bavaroise, de le garder entravé en prison et accepte de subir une fouille complète avant l’épreuve : chaque fois, il se libère… Il se joue de la terrible police secrète du Tsar Nicolas II en s’échappant d’un wagon cellulaire en partance pour la Sibérie... Lire la suite...

mardi 29 juin 2010

Harry Houdini : nuque raide et échine souple 1

par Richard Zrehen
I. Un fils discrètement rebelle

En 1874, année de l’annexion du Bronx par New York, de la création de la Danse macabre de Saint Saëns, de la première lampe à incandescence, année de naissance de Hugo Von Hofmannsthal, d'Arnold Schönberg, de Gertrude Stein et de Chaïm Weizmann, le 24 mars précisément, Monsieur et Madame Weisz (née Steiner) ont le plaisir d'annoncer à leurs amis et voisins de Budapest (Hongrie) où ils résident, la venue au monde du petit Erik, leur quatrième enfant. La b’rit mila aura lieu le 1er avril…
L'Autriche-Hongrie des Habsbourg vit ses dernières années d'insouciance : les Juifs se sont bien vus donner des droits civiques en 1867, ce qui les amènera à venir en masse de l’est de l’Empire, mais depuis le libéralisme recule en Autriche et Georg von Schönerer (1842-1921), qui a commencé d'organiser les nationalistes radicaux, entame déjà la marche qui le conduira, non sans faire des émules dans tout l'Empire, à un antisémitisme[1] très populaire, notamment auprès des artisans et des ouvriers... Lire la suite...

vendredi 11 juin 2010

Promotion de printemps 2010 (2)


par Richard Zrehen

Un livre portant témoignage d’un événement : la rencontre entre Jean-François Lyotard, le penseur des incompatibilités et de la non conciliation, et de jeunes philosophes, plutôt mordants. A lire posément, en écoutant des fragments de Schönberg, Cage et Berio dans les interludes. Un livre que je suis très heureux d’avoir publié…

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Lyotard à Nanterre, sous la direction de Claire Pagès, Paris, Continents philosophiquess, Klincksieck, 2010... Lire la suite...

mardi 25 mai 2010

Galions espagnols et pirates juifs II...

par Richard Zrehen


D’autres sont allés encore plus loin, du côté Pacifique, et avec la distance la légende s’est amplifiée…

A Coquimbo, ville chilienne, fondée au XIXe siècle sur un cap pour embarquer le cuivre extrait dans la région, on peut encore entendre, à condition de comprendre l'espagnol rocailleux et altéré des marins, et de ne pas craindre de boire avec eux (!), de fabuleux récits à propos de Guayacan, le petit port situé à quelques kilomètres au nord de la ville, découvert en 1578 par Sir Francis Drake (1540-1596), le fameux pirate de sa majesté très britannique – surnommé « le Dragon » par les Espagnols.

On dit ainsi, qu'un beau jour de 1600 – un peu avant, un peu après, on n'est pas vraiment sûr – deux superbes corvettes firent escale à Guayacan... Lire la suite...

vendredi 7 mai 2010

Donner la trace de la mort ou donner la mort (2)


par Philippe Réfabert


Dans le cadre des Champs de la réflexion, Champs Libres, en partenariat avec la Société Bretonne de Philosophie a organisé à Rennes, fin janvier 2010, un cycle de conférences autour du thème : « Tu ne tueras pas ».

Philippe Réfabert, psychanalyste est intervenu le 30 janvier. Voici la deuxième et dernière partie de son exposé. RZ.

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… l’enfant a le loisir d’échapper et de s’approprier une singularité de fils, position où s’intriquent continuité et discontinuité. Il est un et différent et en même temps semblable.

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J’en viens au meurtre d’âme. La réduction du paradoxe fondamental est une définition possible du meurtre d’âme. Elle est celle que je proposerai aujourd’hui. Réduction donc, soit que le parent le formule au lieu de le soutenir, soit qu’il signifie à l’enfant par ses actes et ses paroles – il est des paroles qui sont des actes, on le sait bien[1]– qu’il lui conteste la possibilité d’être comme lui ou au contraire de ne pas être comme lui ; dans ce cas il lui conteste toute duplicité : il le veut et le dénonce « innocent »... Lire la suite...


lundi 3 mai 2010

Donner la trace de la mort ou donner la mort (I)

par Philippe Réfabert


Dans le cadre des Champs de la réflexion, Champs Libres, en partenariat avec la Société Bretonne de Philosophie (représentée par Nathalie Monnin, Patricia Heulot-Limido et Denis Kermen) a organisé à Rennes, fin janvier 2010, un cycle de conférences autour du thème : « Tu ne tueras pas ».

Philippe Réfabert, psychanalyste à qui le11èmeblog a souvent ouvert son espace (voir, par exemple, De la psychose normale ou encore de l’aptitude au transfert inversé I et II, mis en ligne les 12 et 16 mai 2008), est intervenu le 30 janvier, après avoir dialogué ès qualité avec le directeur du centre Sèvres, le théologien Paul Valadier.

On trouvera ci-dessous sa communication. R. Z.

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[Voici le plan de l’exposé :]

1) Je ferai une lecture de la ligature d’Isaac[1] comme du récit sous lequel se lit une injonction paradoxale fondatrice. Le récit, bien connu pour relater d’une part la grandeur d’âme d’Abraham et d’Isaac et d’autre part le miracle d’une intervention divine qui interrompt cette cruelle épreuve, peut aussi se lire comme le récit où on voit un père soutenir l’injonction paradoxale « tue et ne tue pas »... Lire la suite...

jeudi 29 avril 2010

Galères d'hier et d'aujourd'hui


par Frédéric d'Agay.

Il est curieux que la galère, élément essentiel de l'évolution, de l’histoire de la marine, de la Méditerranée, de l’antiquité, des liens entre les hommes, des premiers voyages comme des premières échanges, disparue depuis 250 ans ou presque, continue à frapper l’imaginaire collectif de nos contemporains qui n’en ont jamais vu ni entendu parler. Est-ce la destinée exceptionnelle de la phrase « Mais qu’allait-il faire dans cette galère ? » des Fourberies de Scapin de notre Molière national qui a trouvé un là une reconnaissance de dicton populaire.Lire la suite.